Fatima vit à Ghardaïa. Le métier vertical est dressé contre le mur de la cour intérieure de l’atelier familial. C’est sa mère qui le lui a appris — à treize ans, sur des petits formats. À vingt-trois, elle a fait sa première grande étoile à huit branches. Aujourd’hui, c’est sa signature.

Elle dit qu’on ne peut pas tisser une étoile pressée. La symétrie se construit ligne par ligne, à l’œil, sans repère tracé. Une erreur de comptage à mi-hauteur — la moitié de l’étoile est défaite, on recommence depuis la base. Neuf semaines, c’est le minimum. Souvent c’est plus.

Quand on lui demande pourquoi elle continue, à l’heure où ses sœurs ont quitté le métier pour la couture ou la pâtisserie, elle hausse les épaules. Parce que ça me convient. Pas plus.


Portrait placeholder. À refaire avec une rencontre réelle et son consentement explicite pour le récit et la photo.